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Journal d’une année peinte - 2025



Il y a des années où tout s’enchaîne, d’autres où tout s’emmêle. Et parfois, il y a ces années denses, pleines, bousculées, où l’on peint avec l’énergie qu’on trouve et avec le souffle qu’on économise.

2025 a été de celles-là.


Le souffle long de la création monumentale


L’année a commencé dans l’immensité. Deux mois entiers consacrés à une toile monumentale pour le château de Villersexel : Le Printemps, d’après Alma-Tadema, 4,45 x 4 m de peinture néoclassique, réinterprétée, avalée, digérée. Une œuvre d’endurance, presque d’ascèse.

À peine cette toile achevée, la série Nos Jours Heureux reprenait sa place, entre souvenirs figés et supports anciens, entre jute, coton, napperons et réminiscences.

Chaque jour portait sa trace.


L'intime en filigrane : souvenirs, broderies, et commandes


Toute l’année, les "Nos Jours Heureux" ont poursuivi leur fil.

Peinture sur tissus anciens, exploration du rapport à la mémoire, à la trace, à ce qui résiste à l’oubli.

L’exposition de novembre à la Galerie Cheloudiakoff à Belfort a été l’aboutissement provisoire de ce cycle, car déjà 2026 se profile avec l’envie d’enrichir cette série d’un travail de broderie, de montage vidéo, et d’expérimentations textiles plus poussées.

À côté de cette série personnelle, il y eut aussi les commandes de portraits, les petits formats, les liens tissés avec d’autres récits que le mien.

Peindre l’intime d’un autre est un geste à la fois humble et exigeant.


Engagements et hommages


Certaines œuvres n’ont pas vocation à être vues, ni à être vendues. En mars, nous avons peint une toile pour les Morts de la Rue, envoyée à Paris dans le cadre d’un hommage collectif.

Un geste simple, désintéressé, mais nécessaire. Un espace où l’art prend une autre fonction : celle de relier, d’honorer.


La Douche Froide : jam, fresques et énergie brute


L’année a aussi été rythmée par des projets plus collectifs, ancrés dans la rue et le partage :

  • Rémanence, à l’Espace Gandhi (festival Rencontres & Racines) : une résidence intense de 11 jours pour créer 13 portraits et une œuvre murale immersive sur 50 mètres de toile.

  • Des jams graffiti à Remiremont, Mulhouse, Issenheim ou Beisheim. Des moments de retrouvailles et d’apprentissage, où chacun peint avec ses bombes, ses couleurs, et l’envie d’échanger.

  • Un stage de transmission graffiti à Lure, en juillet, réunissant ados et adultes, lettrages et toiles, initiation à l’aérosol et partage de repas, dans notre propre atelier.


La Douche Froide s’est aussi engagée dans la création de l'association Le BOX 13 aux Écuries de Lure, avec une première exposition accueillant Hyacinthe Ouattara, et dans la programmation du M.U.R à Lure avec les invitations de Mina Mond, Naga, Jean-Charles Romero… Un fil que nous continuerons de dérouler en 2026.


Les Têtopèdes : l’imaginaire collectif en école


Un autre souffle a parcouru l’année : celui des Têtopèdes. Ces créatures aux corps dessinés par les enfants et aux visages inspirés de l’histoire. En 2025, elles sont nées sur les murs de l’école d’Autechaux, mêlant travail en atelier et grande fresque participative. Et déjà, elles s’apprêtent à voyager en 2026 vers Ronchamp et Mélisey, grandissant avec chaque école, chaque élève, chaque rêve.


Recherche, fatigue et désir de sens


2025, c’est aussi une année de dossiers, de refus, de projections : candidature, réflexions sur une VAE DNSEP, écriture d’articles de fond, dialogue entre peinture et pensée.

C’est une année marquée par l’essoufflement, oui. Celui des projets menés de front, des nuits courtes, des ateliers froids, des attentes sans réponse. Mais aussi une année de reconnexion au rythme du corps : reprendre le sport, lever le pied, accepter de ne pas tout mener de front.



Une année de rencontre et de liens solides, la découverte du séchoir à Mulhouse, ou encore du collectif Les Bombasphères, les artistes, les clients, les collectionneurs et un galériste unique et attentif à notre travail ...



2026 s’ouvre déjà comme une année d’approfondissements :

  • Avec Nos Jours Heureux, en intégrant vidéos Super 8, broderie, et tissus plus complexes.

  • Avec La Douche Froide, sur de nouvelles fresques, projets et expositions. 

  • Avec les Têtopèdes, qui prennent vie dans d’autres territoires et d’autres murs.

  • Et toujours, avec cette volonté de peindre l’intime, le sacré du commun, et ce qui fait humanité partagée.

Rien n’est figé, tout est en mouvement. 2025 fut un élan. 2026 promet d’en être la résonance.



Elise

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